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César 2018 : "120 battements par minute" grand vainqueur, "Petit Paysan" invité surprise

César 2018 : "120 battements par minute" grand vainqueur, "Petit Paysan" invité surprise

Dans une cérémonie profondément marquée par la lutte pour un monde meilleur - du ruban blanc symbole du soutien aux femmes victimes de violences aux discours engagés, notamment en faveur des migrants - mais aussi les hommages aux disparu.e.s - nombreux.ses - de l'année écoulée, la victoire de 120 battements par minute ne fait certainement pas tâche.

Entre logique, surprise et déception, cinq films césarisés

Le film de Robin Campillo a récolté pas moins de six statuettes : Meilleur espoir masculin (Nahuel Perez Biscayart), Meilleur montage (Robin Campillo), Meilleure musique originale (Arnaud Rebotini), Meilleur scénario original (Robin Campillo), Meilleur second rôle masculin (Antoine Reinartz) et Meilleur film. Il devance Au revoir là-haut et le moins attendu Petit Paysan. Ce dernier a sacré son réalisateur (Hubert Charuel) dans la catégorie Meilleur premier film ainsi que ses deux interprètes principaux, Sarah Giraudeau en tant que Meilleur second rôle féminin et Swann Arlaud comme Meilleur acteur. Quant au film d'Albert Dupontel, il s'est imposé principalement dans les catégories techniques - Meilleure photographie pour Vincent Mathias, Meilleur décor pour Pierre Quefféléan et Meilleurs costumes pour la grande Mimi Lempicka - mais également pour le César de Meilleure adaptation, partagé par Pierre Lemaître (auteur du livre éponyme) et Albert Dupontel, couronné plus tard Meilleur réalisateur. Barbara, qui recevait là le deuxième César de la soirée après celui du Meilleur son, attribué à Olivier Mauvezin, Nicolas Moreau et Stéphane Thiébault, a logiquement récompensé Jeanne Balibar Meilleure actrice. Enfin, la dernière récompense - pour les longs-métrages français de fiction non-animés - a été décernée à Camélia Jordana, Meilleur espoir féminin pour son rôle dans Le Brio.

Le Sens de la fête, pourtant nommé dix fois, repart bredouille, tout comme Grave, révélation du début 2017, qui pouvait sans aucun doute prétendre - au moins - aux Césars du Meilleur premier film et du Meilleur espoir féminin.

Les autres récompenses de la soirée

Les Bigorneaux d'Alice Vial (Meilleur court-métrage), Pépé le Morse de Lucrèce Andreae (Meilleur court-métrage d'animation), Le Grand méchant Renard et autres contes de Benjamin Renner et Patrick Imbert (Meilleur long-métrage d'animation), Faute d'amour d'Andreï Zviaguintsev (Russie - Meilleur film étranger) et I Am Not Your Negro de Raoul Peck (Meilleur documentaire) viennent compléter le palmarès de cette 43e Cérémonie des Césars.

Pour la première fois a également été remis au cours de la soirée un César du Public - récompense pour le film ayant fait le plus d'entrées en salle -, attribué sans surprise par Line Renaud à Dany Boon (Raid Dingue - 4 571 310 entrées).

Le César d'honneur a célébré cette année la carrière de Penelope Cruz, à qui Marion Cotillard puis Pedro Almodóvar ont rendu hommage. La comédienne espagnole, visiblement très émue par ces paroles, n'a pu retenir ses larmes au moment de recevoir son prix. Le discours qu'elle a ensuite livré était à la hauteur de son talent, fort et émouvant.

Pluie d'hommages

La soirée avait été placée sous le signe de Jeanne Moreau, elle a commencé par un hommage en images de plusieurs minutes, conclu par son fameux duo avec Vanessa Paradis au festival de Cannes. Cette dernière a ensuite pris la parole, en sa qualité de Présidente, pour ouvrir la Cérémonie.

Guillaume Canet est, quant à lui, venu rendre hommage à son ami Jean Rochefort, reprenant dans son discours les mots de cet immense acteur. Aure Atika a remis le César des Meilleurs costumes parée de la robe que Mireille Darc portait dans Le grand blond avec une chaussure noire. Enfin, Dany Boon et Line Renaud ont lancé l'hommage à Johnny Hallyday.

Claude Rich, Danièle Darrieux, Gisèle Casadesus et Victor Lanoux, entre autres, ont également été célébrés.

Ce qu'il fallait retenir du reste de la soirée

Devant le parterre de la Salle Pleyel et les 2,1 millions de téléspectateurs.trices - quatrième meilleure audience de la soirée - posté.e.s devant Canal+, Manu Payet a livré une prestation propre mais sans éclat. Le maître de cérémonie avait visiblement fait de Jean-Pierre Bacri - nommé dans la catégorie Meilleur acteur pour Le Sens de la fête - sa victime favorite, profitant de chaque occasion pour rappeler la nomination du comédien, pantois devant tant d'intérêt. Après une entrée en musique - comme il est désormais de tradition -, il a aussi rendu un hommage - si l'on peut le qualifier ainsi - à la bande originale de 120 battements par minute en réinterprétant le remix de Smalltown Boy signé Arnaud Rebotini. Sa déclaration d'amour - en espagnol - à Penelope Cruz s'est vite interrompue quand il a remarqué la présence de Javier Bardem, compagnon de l'actrice, dans l'assistance. Manu Payet avait également convié Monsieur Poulpe à ses côtés, en prévision d'un "moment gênant" auquel l'humoriste s'est prêté avec brio.

Moment gênant il y a pourtant eu, et ce dès le premier César décerné. A l'annonce du Meilleur espoir masculin (Nahuel Perez Biscayart), Finnegan Oldfield s'est laissé aller à une réaction des plus déconcertantes. Un côté mauvais joueur que ne connaît certainement pas Albert Dupontel, absent de la cérémonie car il n'aime pas... l'esprit de compétition.

Très attendus vu le contexte actuel, les discours ont, cette année, été particulièrement marquants. On retiendra notamment ceux de Robin Campillo, Hubert Charuel, Jeanne Balibar et Arnaud Rebotini, incapable de réprimer ses sanglots devant tant d'émotion.

Pour conclure sur les César, un peu d'auto-glorification. Rhino avait presque vu juste à l'annonce des nommés, surpris, il est vrai, par la réussite de Petit Paysan.

César 2018 : "120 battements par minute" grand vainqueur, "Petit Paysan" invité surprise

De l'autre côté de l'Atlantique

Un peu plus de diversité dans les choix de l'Académie pour les Oscars mais pas vraiment de surprise. La Forme de l'eau a été sacré Meilleur film, Guillermo del Toro Meilleur réalisateur, Frances McDormand (3 Billboards) Meilleure actrice et Gary Oldman (Les Heures sombres) Meilleur acteur. Les Oscars du Meilleur second rôle ont récompensé Allison Janney (Moi, Tonya) et Sam Rockwell (3 Billboards) tandis que Jordan Peele (Get Out - Meilleur scénario original) et James Ivory (Call Me By Your Name - Meilleur scénario adapté) ont marqué l'Histoire. Le premier cité est ainsi devenu le premier afro-américain a glaner cette récompense tandis que le second est devenu, à 89 ans, le plus vieux oscarisé, lui qui n'avait même pas un an lorsque la Cérémonie a été créée. Christopher Plummer - de un an son cadet - aura eu moins de chance. Son remplacement au pied levé de Kevin Spacey dans Tout l'argent du monde n'aura pas suffi à obtenir la précieuse récompense. A noter que Coco a reçu l'Oscar du Meilleur film d'animation - le sixième d'affilé pour Disney - mais aussi celui de la Meilleure chanson pour Remember Me. L'Oscar du Meilleur film étranger à été attribué au Chilien Sebastián Lelio (Une femme fantastique).

Côté français, seul Alexandre Desplat a décroché une statuette pour la musique de La Forme de l'eau, Agnès Varda et JR (Visages Villages - Meilleur documentaire), Garden Party (meilleur court-métrage d'animation) et Timothée Chalamet (Call Me By Your Name - Meilleur acteur) ayant échoué.e.s dans leurs catégories respectives.

Au total des récompenses, La Forme de l'eau (4 oscars) devance... Dunkerque. Le film de Christopher Nolan remporte les Oscars du Meilleur montage, du Meilleur montage son et du Meilleur mixage son et grimpe ainsi sur la deuxième marche du podium.

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